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Docteur Warnier & Miss Eugénie

La Montagne, 12 juillet 2010, par Roland Duclos.

Quand la gynécologie accouche d’une soprano : ne manquez pas le docteur Eugénie Warnier vendredi au festival international d’Opéra baroque de Beaune dans le Magnificat BWV 243 et la Messe en si de Bach !

Comment devenir cantatrice quand on a un petit filet de voix, que les conservatoires vous disent que vous avez passé la date de péremption pour prétendre à une carrière de diva et que votre famille s’étrangle en apprenant cette lubie contre nature ? Une folie qui tire un trait sur tout un brillant parcours universitaire. Eugénie Warnier flamboyante Vierge du Soleil dans Thamos, Roi d’Egypte de Mozart faisait l’événement samedi dernier à Beaune.

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Rameau par Ausonia : aussi bien en vrai qu'en disque

En 2009 paraissait un disque, chez Alpha, au titre invraisemblable (Que les mortels servent de modèle aux dieux),stupéfiant d'imagination, de couleurs, de détails subtils. Cette couture d'extraits de deux opéras de Jean-Philippe Rameau, Zoroastre (1748) et Zaïs (1749), était enregistrée par des musiciens qu'on ne connaissait pas : l'ensemble Ausonia, cofondé par le claveciniste Frédérick Haas et la violoniste Mira Glodeanu, avec la soprano Eugénie Warnier et le baryton-basse Arnaud Richard.

 

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Leçons de ténèbres du premier jour

CouperinA propos du disque :

« On aime notamment la voix charnue et si ductile d’Eugénie Warnier, révélation baroque, grâce au beau disque Rameau de Frédérick Haas chez Alpha (le monde mars 2009 : « jeune et bonne chanteuse ») » Le Monde - avril 2009

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Que les mortels servent de modèle aux dieux...

RameauÀ propos du disque :

« Quand à Eugénie Warnier sa capacité à incarner l’ombre démoniaque en même temps que la fausse légèreté est l’autre performance de ce très novateur hommage à Rameau » Classica - avril 2009

«Eugénie Warnier réjouit par sa couleur et son goût exact, rappelant la manière de Sandrine Piau. Elle attrape le ton d’Erinice, et l’affliction de sa Zélidie comme tous ces extraits de Zais font décidément désirer une intégrale de cet opéra qui puisse prendre le relais de la version Leonhardt (disparue) » Diapason - mai 2009

 

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Autres critiques

Les mots : leur couleur, leur sens et leur poids – voilà l'un des atouts majeurs d'Eugénie Warnier, rendue au théâtre le plus dru par un véritable joyau de Michel Pignolet de Montéclair (1667-1737), La morte di Lucrezia.... La soprano l'incarne avec une ductilité altière refusant tout procédé facile, lui offrant par là une filiation avec la classe d'une Véronique Gens, experte en ce répertoire, en moins hiératique peut-être. La noble expiration (aux deux sens du terme) sur la fin d'O patria, o Collatino ! Io moro, addio ! est, quoi qu'il en soit, de la veine des plus douées. Lucrezia est aussi le sujet d'une des plus emblématiques cantates de la période italienne de Händel ... D'un aplomb parfait sous ce calibre, la soliste y offre au surplus une véritable fresque de ressentiments mortifères ... Deux bis exquis (Vos Mépris de Lambert puis un extrait du Berger Fidèle de Rameau) referment sur la France, et dans son propre idiome cette fois, ces camées italianisants dont Christophe Rousset précise, comme pour s'en excuser, qu'ils forment un programme généreux. Tel est assurément l'artisanat sans concession d'Eugénie Warnier. Jacques Duffourg anaclase.com 8 juin 2011


Si l'on se délecte d'un lieu aux effluves fin de siècle, on n’a trouvé nul romantisme alangui ni déliquescence ambigüe dans le programme présenté par les Talens Lyriques en petite formation et l'étincelante Eugénie Warnier. C'est au contraire un univers de passions contrariées et ardentes qu’offre l'ensemble avec l'une de ses artistes de prédilection (que Christophe Rousset avait distribuée dès 2004 et qu’on avait retrouvée plusieurs fois en concert en 2009 et 2010 et 2010 bis). Elle fut tout d'abord l’Armide italienne dans la première incarnation désemparée de la magicienne mise en musique par Lully ; son timbre flamboyant, en résonance avec le fourreau écarlate arboré par la cantatrice, se fait caresse sulfureuse. Tant sa Lucrèce que son Agrippine, figures tout opposées, étonnent (comme dans « Mon génie étonné tremble devant le sien ») par leur intensité tragique, éclatant en des chromatismes hardis, des soupirs angoissés, des ruptures frémissantes, qui ne mettent en péril ni l'agilité passionnée ni la fermeté du discours. Écartelées entre leur sens exacerbés et la mort inéluctable, revivant à grands sursauts l'évènement qui clôt leur destinée, les deux héroïnes romaines sont précipitées dans leur Enfer privé, poussées et guidées par un démiurge inflexible et doux, un ensemble qui fouaille les affects dans toute leur crudité. La scena d'Agrippine est plus immédiatement foudroyante dans son inéluctabilité, tant Haendel a accumulé chausse-trapes et écueils, ruptures rythmiques et modulations qui témoignent de la rage, de l'angoisse et de la sidération de la matrone. Mais la mort de Lucrèce et son triomphe n'en sont pas moins prégnants et captivent l'imagination, par les couleurs diaprées de la voix de la chanteuse, enserrée dans l'écrin d'un continuo, peintre et narrateur de son angoisse et de sa délivrance. 22 juin 2011 odb-Opera.com Emmanuelle Pesqué


Eugénie Warnier (déjà remarquable dans le rôle de la Paix en 2004) délivra son personnage avec encore plus d’intensité et de quiétude : son allégorie est une force avec laquelle il faut compter. En deux mesures, elle campait également une Diane altière et vengeresse, sans oublier d’y insuffler la hauteur équivoque de la divinité de la nuit. odb-opera.com le 22 janvier 2010 Emmanuelle Pesqué

 

Après une Stéphanie d’Oustrac impériale, sublime actrice et chanteuse, Eugénie Warnier a repris le flambeau (allumé par l’Amour) avec fraîcheur, séduction et noblesse touchante, créant une émotion palpable. Elle était tout aussi remarquable dans le récit de Vénus (Prologue, 1678) et la plainte italienne. Modulant les affects, travestissant sa voix, elle fait croire en un tour de main (et changement de costume) à la réalité musicale de ses trois personnages... Les apparitions d’E. Warnier furent donc comme une fumée mirée dans un reflet mercurien, trop fugaces pour satisfaire, mais dont l’écho emplissait tout le théâtre. odb-opera.com 19 nov 2009

 

Eugénie Warnier est souveraine de justesse expressive ; frémissante, digne, noble, elle fait trouver trop courtes ses interventions, en particulier les airs tirés de la tragédie lyrique.” Forum Opera - 23 octobre 2009

 

“Une des cantates les plus connues et les plus aimées de Haydn, la scena di Berenice écrite pour Brigida Banti en 1795, allie véhémence et sublime. Mais il y faut de la noblesse, toujours, et non de ces dépoitraillages dont certaines se drapent pour jouer à la tragédienne. Ces excès de mauvais goûts ne sont guère dans la manière des Talens Lyriques qui furent un soutien concentré et sans faille à la jeune soprano Eugénie Warnier, « absolument épatante » (comme l’aurait dit Jean d’Ormesson, s’il avait eu la chance d’être là). Sirène tendue vers l’horizon de son angoisse, entre crispation d’espoir et amertume douloureuse, tout entière dans la conduite d’un chant intense qui n’oublia jamais qu’il était musique, la jeune femme nous gratifia d’une arche doloriste totalement maîtrisée. Elle confirmait les qualités déployées dans une carrière déjà très bien menée et sa merveilleuse Aricie hollandaise (retransmise à la radio en ligne) d’il y a peu. On la retrouvera dans le rôle-titre de Psyché en tournée en France. Courez-y donc, cette étonnante interprète va sans doute faire sensation... “ Festival d’Ambronay - Abbatiale ‒ 31 septembre 2009

 

“On était ravi d’entendre la Scène de Bérénice, dont Cecilia Bartoli a donné une version de référence et Joyce Di Donato, avec Roger Norrington, se fit l’été dernier au Proms la somptueuse porte-parole. En choisissant Eugénie Warnier, Rousset a prouvé qu’il avait du nez en la matière (mais on le savait déjà). La jeune soprano, Mélusine à la somptueuse chevelure, à livré une remarquable prestation, à l’intensité dramatique réelle. Le timbre est beau, chaud, les aigus sont impérieux. On flaire un vrai talent, une Berenice captivante ! “ Resmusica, Arnaud Buissonin - 4 octobre 2009

 

“Il a fallu tout le talent d’Eugénie Warnier, jeune soprano plus que prometteuse pour parvenir à donner à la pièce de Bembo extrêmement austère, une lumière capable de soutenir l’intérêt du public. Le phrasé, les nuances et les couleurs de la jeune dessus ont su offrir à la poésie des mots toute leur énergie. La fin déchirante sur des graves profonds, ont montré toute l’étendue de la tessiture de l’interprète. Mais c’est dans les motets de Lorenzoni que son timbre à la clarté solaire, aux parfums d’encens qu’elle a pu laisser s’exprimer toute la sensualité de ce répertoire religieux." Resmusica, Monique Parmentier - 2 octobre 2009

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